Nouveau départ pour ProQuartet

Antoine Pecqueur 14/04/2021
Charlotte Bartissol, administratrice du Quatuor Diotima, va prendre en juin la direction du Centre européen de musique de chambre. Entretien.

Que représente cette nomination dans votre parcours ?

Au cours de mon expérience professionnelle, j’ai toujours cherché à allier un travail d’accompagnement des artistes, notamment six ans auprès du Quatuor Diotima, à un engagement syndical fort au sein de Profedim (syndicat professionnel des ensemble indépendants et des festivals). Ce poste à ProQuartet réunit d’une certaine façon ces deux aspects, en permettant de défendre l’intérêt d’un secteur. Je crois profondément qu’aujourd’hui l’intérêt général passe par la culture et la musique.

Comment définiriez-vous ProQuartet ?

C’est l’endroit de la formation du quatuor à cordes en France, par le biais de résidences, de masterclass, de formation… On pourrait le comparer à ce qu’est le CMBV pour la musique baroque. Il y a eu un magnifique essor du quatuor à cordes dans notre pays : si l’on regarde aujourd’hui le top 10 mondial, trois sont français. C’est un art pleinement reconnu mais qui est désormais confronté à un risque de marginalisation. Il ne faut pas que la musique de chambre soit mise à l’écart. 

Comment voyez-vous votre prise de fonction dans le contexte de crise sanitaire ?


Cette crise pose la question de l’insertion des jeunes. Le dispositif gouvernemental « un jeune, une solution » doit trouver une déclinaison artistique. Il me semble indispensable pour ProQuartet de développer des résidences avec les jeunes quatuors sur le temps long. L’ancrage sur un territoire est essentiel : il vaut mieux toucher moins de gens mais plus durablement. L’idée est aussi de créer une forme de compagnonnage avec les formations déjà installées.


Comment va se construire votre projet pour ProQuartet ?


Je vais élaborer dans les prochains mois le projet d’établissement pour les trois prochaines années. Plusieurs axes vont le définir : la transmission, la valorisation du répertoire et notamment celui composé par les femmes, le rayonnement de ce genre et le développement des ressources financières. Aujourd’hui, le budget est d’environ un million d’euros. Il nécessite d’être revu à la hausse, car il est sous-doté pour ses missions. Je veillerai à développer les partenariats avec les grandes institutions de formations. Cela passera aussi par des relais en région pour les amateurs. Il nous faut étendre de manière globale le réseau du quatuor à cordes.

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