« Mon recrutement est un pari »

Mathilde Blayo 26/05/2021

Frédéric Pérouchine a pris la direction de la Réunion des Opéras de France au début du mois de mai. Venu du monde du théâtre et de la danse, il nous raconte son parcours et ses projets pour l’association.

Quel parcours vous amène aujourd’hui à la tête de la ROF ?

Au départ, je viens du monde de la recherche en théâtre, puis je suis parti dans les compagnies, majoritairement de danse, où j’ai fait de la production et de la diffusion. Mon expérience militante personnelle m’a amené à créer LAPAS en 2013, l’association des professionnels de l’administration du spectacle, qui a pour but de fédérer les personnes travaillant dans l’administration des compagnies. J’ai ensuite pris la tête des associations des centres chorégraphiques nationaux (ACCN), des centres dramatiques nationaux (ACDN) et des centres de développement chorégraphiques nationaux (A-CDCN). Ces expériences m’ont vraiment permis de développer un intérêt pour la politique, notamment culturelle. A la ROF, il y a une place importante des élus qui m’intéresse, puisque le CA rassemble des directeurs d’établissements et des élus de collectivités territoriales.
Je n’ai pas un profil lyrique, opératique, mais j’ai un réel intérêt personnel pour cela. Mon recrutement est un pari mais j’ai l’expérience des réseaux et un profil tourné vers les politiques culturelles, vers le spectacle vivant.

Quels sont les sujets phares qui vous occupent à la ROF aujourd’hui ?

La sortie de la crise sanitaire est un défi majeur que nous devrons relever, mais il n’est pas singulier à la ROF.

Dans cette situation qui fragilise le secteur, les productions, les lieux, les artistes et le lien au public, je souhaite continuer dans cette volonté d’ouvrir l’Opéra, de le sortir de ce cliché de tour d’ivoire et d’élitisme. Pour accompagner la reprise et favoriser le retour du public, nous annonçons en amont le lancement de Tous à l’Opéra ! Nous essaierons de faire vivre cette 15e édition tout au long de la saison pour arriver à l’apothéose du mois de mai, du 6 au 8 mai 2022. Cette édition s’intéresse aux ateliers des maisons d’opéra, de la facture instrumentale aux arts de la scène, et Nathalie Stutzmann en sera la marraine.

Nous lançons aussi le 3 juin prochain un chatbot « L’Opéra dont vous êtes le héros », associant 13 maisons d’opéra : il s’agit d’un petit jeu immersif par lequel les visiteurs découvrent l’univers de l’opéra.

En ce moment, nous travaillons aussi beaucoup sur l’observation des données des Opéras. Avec cette crise, il y a un travail important à faire de collecte et d’analyse de ces données.

Quels développement souhaiterez-vous apporter ?

Je souhaite pour le moment m’imprégner de ce poste et de ces possibilités avant de proposer de nouveaux axes de développement. J’aurai à cœur de faire vivre le réseau et je m’inscris pour le moment dans le prolongement de ce qu’a fait Laurence Lamberger-Cohen qui m’a précédé à ce poste. La ROF doit apporter un soutien aux structures par de la visbilisation, de la coordination et de l’information.
Dans les projets que nous menons, lundi prochain débute une formation avec le CNFPT autour du tutu, à la demande des ateliers de costume. Cette dimension de l’Opéra, qui se place entre tradition et modernité, m’intéresse beaucoup. J’aime à penser qu’à la ROF, on se place justement entre cette dimension patrimoniale avec un travail autour de ces métiers rares, la numérisation de costumes, et une dimension très actuelle avançant sur le numérique, en proposant des solutions sur le plan écologique.

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