La politique culturelle des régions. Alain rousset : « Penser la co-construction des politiques publiques »

Mathilde Blayo 27/05/2021

Trois présidents de régions, candidats à leur réélection, reviennent sur le rôle de cette collectivité en matière culturelle : Quelles missions ? Quels financements ? Quelle complémentarité avec l’État ?

Le président de la région Nouvelle-Aquitaine (PS) réclame plus de décentralisation des pouvoirs.

Quels sont vos outils en matière de politique culturelle régionale ?

Nous avons sanctuarisé et augmenté le budget dédié à la culture, à plus de 70  millions d’euros aujourd’hui. Face au Covid, nous avons maintenu tous nos apports aux structures culturelles, y compris pour les festivals. Nous nous appuyons sur un secteur très organisé, autour de fédérations, de réseaux, mais aussi d’agences comme l’OARA 1 pour le spectacle vivant, ce qui nous permet de travailler en co-construction avec tous les secteurs sur le territoire. Nous sommes aussi la seule région, avec l’Occitanie, à avoir un COREPS 2, instance de dialogue social réunissant les organisations professionnelles. Et nous sommes les seuls à avoir élaboré et signé des contrats de filière avec l’État via le CNM, le CNC et le CNL.

Comment travaillez-vous avec les services de l’État en région ?

Nous travaillons très bien avec les DRAC, ainsi qu’avec les autres instances nationales du secteur.

Nous coopérons efficacement mais cela ne nous empêche pas de réfléchir à demain et à la possibilité pour les régions d’avoir un vrai pouvoir réglementaire. La France a pris un retard énorme avec cette centralisation jacobiniste qui est un boulet au pied de la vitalité de nos territoires, pour une meilleure­ connaissance de leurs besoins y compris sur le plan économique. Nous sommes embarrassés par la quantité de normes que produit Paris. Une compétence régalienne, c’est aussi une compétence humaine, de gestion. Il faut davantage penser la co-construction des politiques publiques et en cela, la région peut jouer un rôle central.

Comment envisagez-vous la mission régionale de l’ONBA (Orchestre national de Bordeaux-Aquitaine), pour lequel votre subvention a baissé de 200 000  euros en 2020 ?

Nous ne voulons pas tout concentrer à Bordeaux. L’ONBA est la structure que nous subventionnons le plus. Mais nous avons aussi des investissements importants sur 27 autres orchestres et ensembles du territoire. Il a fallu rééquilibrer les subventions sur cette région élargie et ce n’est pas encore totalement réglé. Je voudrais lancer au prochain mandat une étude sur les modèles économiques de ces orchestres et ensembles. Nous pourrions réfléchir à des financements adjacents aux financements publics, qui ne s’y substitueraient pas, notamment des fonds de dotations. Il faut encourager la coopération de tous les acteurs de la région, y compris économiques.

À Bordeaux, la région est par ailleurs partenaire du projet de construction d’un bâtiment pour le Pôle supérieur. La difficulté sur ce sujet a été de trouver un lieu adéquat, mais nous soutenons ce projet, qui sera sûrement inscrit dans le futur contrat de plan.

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