« Elle croit au dialogue fécond entre les disciplines »

Mathilde Blayo 01/06/2021

Dès septembre, Laurence des Cars sera la nouvelle directrice du Louvre, qui compte un auditorium. Luc Bouniol-Laffont, directeur de la programmation culturelle et des auditoriums aux Musées d’Orsay et de l’Orangerie, nous raconte l’implication de son ancienne présidente dans la programmation artistique.

Quel a été l’engagement de Laurence des Cars à vos côtés, en matière de programmation artistique ?

Dès son arrivée, Laurence des Cars a manifesté son intérêt pour la programmation culturelle et pour l’auditorium du Musée d’Orsay en particulier. Elle a un goût personnel prononcé pour différentes formes d’expression artistique et surtout une conviction très forte de l’importance que peut avoir le spectacle vivant et la pluridisciplinarité dans un musée de Beaux Arts. Le musée d’Orsay raconte une époque où les artistes de toutes les disciplines travaillaient ensemble, et Laurence des Cars croit au dialogue fécond entre les disciplines. Pour elle le spectacle vivant et la création proposent de nouveaux regards sur les collections du musée, sur le lieu même du musée. Et qui dit nouveau regard dit nouveau public, qui par le spectacle vient découvrir un lieu, des œuvres.
C’est quelqu’un de très à l’écoute, qui fait confiance et sait déléguer. Elle m’a fait confiance sur les propositions que j’ai pu faire.

Quels projets musicaux ont été portés pendant sa présidence ?

Elle s’est beaucoup impliquée dans des projets structurants, comme l’académie Orsay-Royaumont.

Elle a tout de suite vu l’intérêt que pouvait avoir ce répertoire par rapport au musée. Nous avons fait vivre les œuvres autrement avec des balades musicales, des projets pédagogiques. Laurence des Cars a aussi porté l’invitation à l’Orchestre philharmonique de Berlin, qui a fait un « Concert européen » dans la nef du musée. Il y a aussi un nouveau partenariat avec l’Orchestre de Paris. Ce type de projets doivent vraiment être portés par la présidente, surtout quand ils ont lieu hors de l’auditorium. Cela ne peut pas se faire sans elle. Plus récemment c’est elle qui a porté le projet Orsay live : une collection numérique de vidéos filmées dans le musée, au sein des collections ; une façon de faire vivre le musée autrement, sans faire des captations basiques dans l’auditorium. C’était des années très fécondes et stimulantes.

Quelle évolution a connu l’auditorium dans cette période ?

En quatre années, l’auditorium a pris une vraie place en tant que salles de concert, il y a eu une grande progression. Nous sommes de plus en plus sollicités par les artistes. C’est une des meilleures acoustiques de Paris pour la musique de chambre. Laurence des Cars a notamment permis qu’on finisse les travaux dans la salle avec la réfection des sièges. La politique de partenariat menée a aussi été essentielle car penser notre programmation avec de grandes institutions comme l’Orchestre de Paris nous permet d’être plus forts, plus visibles. Il y a une estime grandissante pour cette salle, pour sa programmation, sa pertinence par rapport aux expositions... 
Je peux imaginer que Laurence des Cars sera très ambitieuse pour l’auditorium du Louvre et la programmation artistique générale du musée.

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