Marc Bleuse : «Oui à la décentralisation !»

Elsa Fottorino 28/02/2011
Enseignement supérieur. Marc Bleuse dirige le Centre d’études supérieures de musique et de danse de Toulouse. Il nous donne son point de vue sur les réformes liées à l’enseignement musical en France.
Que pensez-vous de la politique de décentralisation de l’enseignement supérieur ?
Il ne s’agit pas à proprement parler de décentralisation, mais de la structuration de cet enseignement sur l’ensemble du territoire. Les conservatoires supérieurs de Paris et de Lyon ne pouvaient plus répondre seuls aux besoins nationaux. La direction générale de la Création artistique du ministère de la Culture a fait un travail dont il faut souligner l’importance. Souhaitons que les édiles sachent poursuivre cette action qui doit modifier le paysage national en matière d’enseignement supérieur des arts.

En élargissant l’offre de formation, n’y a-t-il pas un risque d’augmenter le nombre de musiciens au chômage ?
En France, on compte entre 25 et 30 orchestres. En Allemagne il y en a plus de 85 ! Le développement de l’enseignement supérieur en France devrait permettre aux régions d’impulser une politique plus ambitieuse en faveur de la diffusion musicale. Et plus il y aura de musiciens, plus ils feront en sorte que les choses évoluent. Ils sont déjà nombreux à se constituer en divers ensembles, à pratiquer la musique de chambre... Cela passe aussi par l’encouragement à la pratique amateur. Il faut sortir du cliché qui veut que hors Paris, il n’y ait point de salut !

Quelles seraient pour vous les nouvelles priorités en matière d’éducation musicale ?
Il est important d’offrir aux étudiants titulaires du diplôme national supérieur professionnel de musicien (DNSPM) la possibilité de s’orienter vers un master de pédagogie ou d’interprétation. Cela serait simplement cohérent, une évolution de bon sens, de logique générale de la politique.

Vous dirigez depuis 1993 le CESMD de Toulouse. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette structure ?
Lorsque j’ai pris les fonctions de directeur du Centre d’études supérieures de musique et de danse ( CESMD), il s’agissait d’offrir aux étudiants une expérience différente de celle des Cefedem (centres de formation de l’enseignement de la danse et de la musique). En effet, alors également directeur du conservatoire de Toulouse, j’ai souhaité établir une hiérarchie dans la formation au diplôme d’Etat et mettre l’accent sur l’importance de la qualité de l’enseignement instrumental. Les choses ont évolué. J’ai engagé une collaboration avec l’université de Toulouse Le Mirail.
Plus tard, lorsque mon adjoint m’a succédé à la tête du conservatoire, j’ai souhaité conserver la direction du CESMD pour poursuivre le projet que j’avais entamé en vue d’obtenir pour Toulouse un pôle d’enseignement supérieur, et, en 2008, nous avons obtenu l’habilitation à délivrer le DNSPM. Bien entendu nous conservons la collaboration avec l’université et le conservatoire qui nous offrent des moyens riches en termes de ressources, mais c’est le CESMD qui en assure la maîtrise d’œuvre.

Quel est le statut du CESMD ? Quels diplômes délivre-t-il ?
Au départ, nous avions un statut associatif. Lorsque l’Etat a envisagé cette restructuration, il a souhaité que les établissements désignés comme pôles d’enseignement supérieur deviennent des établissements publics de coopération culturelle (EPCC). Nous avons obtenu ce statut en nous associant à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Toulouse, ce dont je me réjouis compte tenu de la qualité de cet établissement.
Nous délivrons des DE ainsi que des DNSPM, ce qui équivaut aux premiers cycles des CNSMD. Depuis les années 2000, nous nous sommes enrichis de la formation au DE de professeur de danse, formation admirablement conduite par Nadine Hernu.

Quels sont vos projets personnels ?
Après avoir occupé tous les postes de responsabilité de la musique en France et battu des records de longévité en matière d’activité professionnelle, j’ai décidé de mettre fin à mes fonctions dans un futur proche. Maintenant que le CESMD a obtenu le statut d’EPCC, je suis désormais rassuré quant à la pérennité du fonctionnement de cette structure. Mon projet personnel est aujourd’hui d’écrire ma musique.
Propos recueillis par Elsa Fottorino

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