Orchestre d’Avignon, suite

21/03/2011
L’initiative de Marie-Josée Roig, maire d’Avignon, de demander par sondage à ses administrés leur avis sur la nécessité de subventionner l’Orchestre et l’Opéra de la ville (voir LM 399) continue de faire des vagues. Alors que l’élue a été nommée secrétaire nationale de l’UMP chargée du spectacle vivant, d’autres protestations se sont jointes à celles de Jacques Crespy (lui-même UMP), président de l’Orchestre lyrique de région Avignon-Provence (Olrap).

La position de la mairie
En réponse à la lettre ouverte de M. Crespy, Marie-Josée Roig a répondu par la même voie : « Doit-on taire aux Avignonnais le fait que le montant de leur participation est deux fois plus important que ce que pouvait représenter l’engagement direct par l’Opéra des musiciens nécessaires à la réalisation de la programmation lyrique et chorégraphique ? » Avant d’ajouter qu’il convient de « rediscuter des clés de financement : elles sont injustes ».

Quelques chiffres
Quelles sont ces clés de financement ? Sur les 7 millions qu’Avignon consacre chaque année au financement de son Opéra et de son Orchestre (chiffre mis en avant dans le sondage), l’essentiel va à l’Opéra. La ville verse 1,2 million d’euros à l’Orchestre, soit un tiers des subventions publiques que reçoit la formation (l’Etat apporte lui aussi un tiers, le département et la région se partageant le derniers tiers). Les recettes propres se montant à 360 000 euros, le budget 2010 de l’Orchestre s’élève à un peu moins de 4 millions d’euros. En 2011, le budget prévisionnel table, à financement public équivalent, sur une augmentation des recettes propres pour atteindre 510 000 euros (augmentation de la billetterie, de la vente de concerts et du mécénat).

Des réactions
Dans une lettre commune, les deux représentants du monde des orchestres, Ivan Renar, président de l’AFO, et Catherine Delcroix, présidente du Synolyr, font part de « leur entière solidarité » avec l’orchestre, ses artistes et l’ensemble de ses personnels.
De son côté, Jean-François Pujol, pour la Fédération du spectacle CGT, rappelle qu’« aucun gouvernement de notre pays n’a fait assumer ses choix et ses orientations par des référendums. C’est bien le rôle premier des élus que de prendre toutes décisions et de faire les choix nécessaires dans la gestion et l’orientation au quotidien de la collectivité publique dont ils ont la charge ».
Jacques Crespy en appelle aussi Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP. Considérant la nouvelle fonction de déléguée au spectacle vivant de Mme Roig comme « l’antichambre du ministère de la Culture dans le cas d’une réélection de Nicolas Sarkozy », il se demande « si les actions entreprises à l’encontre de l’Orchestre d’Avignon constituent un laboratoire pour une application plus générale»...
Enfin, Marie-Josée Roig, tout en rappelant que « jamais elle n’abandonnera l’Opéra ni l’Orchestre », a annoncé qu’elle mettait fin aux fonctions de Jacques Crespy. Lequel rappelle que seule l’assemblée générale de l’association a ce pouvoir...

Une polémique qui tombe bien mal alors que l’Orchestre d’Avignon-Provence se remet à peine d’une crise qui avait failli le faire disparaître (voir LM 377). A suivre.

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