Marin Alsop : « La société n’est pas accoutumée à voir des femmes diriger. »

Elsa Fottorino 02/05/2011
Le point de vue de la chef d’orchestre principale de l’Orchestre symphonique de Baltimore.
Quel regard portez-vous sur l’accès des femmes à la direction d’orchestre ?
Je pense que les choses sont vraiment en train de changer dans le monde en ce moment. Il y a encore peu de temps, les choses semblaient figées dans un modèle institué. Heureusement, de nouvelles initiatives voient le jour et de plus en plus de femmes accèdent aux podiums. En 2002, j’ai créé la bourse "Taki Concordia Conducting Fellowship", destinée à encourager et à donner des opportunités aux jeunes femmes talentueuses débutant la direction d’orchestre. Les six lauréates de cette bourse ont très bien réussi par la suite et elles ont toutes obtenu des postes de directrice musicale auprès d’orchestres américains.
Qui sont les plus hostiles aux femmes chefs : le public ou les programmateurs ?
Je dirais plutôt que la société n’est pas conditionnée à voir des femmes diriger des orchestres. Cependant, plus les femmes seront sur le devant de la scène, plus la société s’habituera à cette image.
Avez-vous été soutenue lors de vos débuts ?
Mes parents et amis musiciens m’ont toujours énormément soutenue. J’ai également eu un mentor non musicien, Tomio Taki, dont j’ai emprunté le nom pour la bourse. Il m’a aidé à monter mon propre orchestre à New York : l’orchestre Concordia. Ce fut une incroyable expérience d’apprentissage de tous points de vue et cela duré dix-huit ans. Enfin, mes professeurs de direction d’orchestre, Gustav Meier et Leonard Bernstein, m’ont donné le courage de persévérer.
Quel est le meilleur moyen pour une jeune femme de devenir chef d’orchestre ?
L’étude, l’étude, l’étude. Et aussi savoir créer ses propres opportunités pour apprendre le métier.
Pensez-vous que les musiciens attendent quelque chose de différent d’une femme chef d’orchestre ?
Ce que je ressens, c’est que les musiciens attendent de moi un engagement, une maîtrise totale, de la passion et un profond respect de la partition. Je ne pense pas que cela ait à voir avec le fait d’être un homme ou une femme. C’est ce qu’ils attendent de n’importe quel chef d’orchestre.
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