L’Opéra royal de Wallonie, en prise sur Internet

Philippe Thanh 15/06/2011
Cure de jouvence pour l’Opéra royal de Wallonie (ORW), sous la houlette de son directeur général Stefano Mazzonis di Pralafera, en poste depuis cinq ans et dont le mandat a été renouvelé jusqu’en 2017.Le théâtre est en travaux et l’institution s’affiche sur le web avec succès.

Pendant les travaux, les spectacles sont donnés au "Palais Opéra", un chapiteau de 1 100 places (acheté à la ville de Venise où il avait hébergé les spectacles pendant la reconstruction de La Fenice). La réouverture du Théâtre royal, édifice historique des années 1820, est annoncée pour la rentrée 2012. Encore une saison de patience pour les mélomanes belges... ou étrangers : « Nous avons plus de 11 % de spectateurs étrangers, notamment hollandais, allemands et français », précise Stefano Mazzonis di Pralafera.

Une saison équilibrée entre "tubes" et raretés
Depuis son arrivée à Liège, il a eu à cœur de monter des saisons mêlant ouvrages connus qu’il est « indispensable de montrer au public » et œuvres rares, comme L’inimico delle donne de Galuppi en janvier et février derniers (voir LM 399) : « En 2011-2012, je programme Le Trouvère et La Traviata, Les Noces de Figaro, Le Vaisseau fantôme, Manon... autant de piliers du répertoire, mais aussi La vera costanza de Haydn et L’equivoco stravagante de Rossini, deux opéras peu fréquemment donnés, dont ce sera sans doute la création en Belgique. Vous savez, même en Italie, en dehors du festival Rossini de Pesaro, L’equivoco n’est pratiquement jamais représenté. »

Un Opéra branché sur Internet
L’Opéra royal de Wallonie aurait pu se satisfaire de ses quelque 80 000 fauteuils vendus par saison et d’un confortable taux de remplissage de 92 %, mais il a aussi voulu être présent sur Internet. Désormais, les opéras sont diffusés gratuitement en streaming et en direct sur dailymotion.com (environ 4 500 spectateurs en ligne par représentation), puis accessibles en différé pendant la semaine qui suit, ce qui assure à l’ORW une visibilité internationale. « Nos programmes sont particulièrement suivis au Japon, commente le directeur général de l’Opéra. J’en veux pour preuve que nous avons connu une nette baisse d’audience en mars, après le séisme. » Au Japon, mais aussi aux Etats-Unis et, bien sûr, en Europe où ce sont les Grecs qui se classent parmi les spectateurs les plus assidus des retransmissions wallones.
L’ORW a aussi ouvert un blog qui permet de faire découvir l’Opéra au jour le jour et est présent sur les réseaux sociaux comme Facebook. Et une série de DVD permet de pérenniser les spectacles (Le Roi d’Ys, Le Mariage secret, La Traviata et Falstaff ont déjà été publiés). « Je suis convaincu que l’avenir de l’opéra passe par l’utilisation de tous ces nouveaux médias », conclut Stefano Mazzonis di Pralafera.
Philippe Thanh

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