Alfred Loewenguth portrait d’un violoniste pédagogue

A l’occasion du centenaire d’Alfred Lœwenguth (1911-1983), Jacqueline Lœwenguth, directrice du festival de l’Orangerie de Sceaux, dresse le portrait de son beau-frère, violoniste, entrepreneur infatigable et pédagogue dans l’âme.

Quel type d’homme était Alfred Lœwenguth ?
Alfred Lœwenguth, le frère de mon mari, avait déjà 50 ans lorsque j’ai fait sa connaissance. Ce qui m’a frappée d’emblée, c’est son incroyable personnalité. C’était un travailleur acharné, toujours en train de monter des projets. Il était vraiment ce qu’on appelle un meneur. Il fourmillait d’idées, et il parvenait toujours à les faire accepter et à s’entourer des bonnes personnes. Il n’avait pas un caractère toujours facile, mais n’est-ce pas le lot des grands ?

Quel a été son parcours ?
Il a commencé le violon à l’âge de 8 ans et à 16 ans il est entré au Conservatoire de Paris. Un an plus tard, il enseignait déjà pour gagner un peu d’argent. 1929 est une année importante qui marque la naissance du quatuor Lœwenguth avec lequel il s’est produit jusqu’à sa mort en 1983. On le connaissait en particulier pour les quatuors de Ravel et Debussy. Une de ses grandes fiertés fut la création, en 1959, des Orchestres des jeunes Alfred-Lœwenguth (OJAL) qui existent toujours ! Il est l’un des premiers à avoir eu l’idée de réunir des jeunes issus de conservatoires, d’écoles de musique et de cours particuliers et de leur offrir une pratique collective dès le début de leur formation, car les institutions ne possédaient pas encore leur orchestre. Il assurait avec quelques amis les répétitions et la direction, et ils se produisaient partout en France et à Paris (théâtre du Châtelet, des Champs-Elysées, salle Pleyel...). La pédagogie était une passion chez lui. Il n’hésitait pas à envoyer ses élèves chez d’autres professeurs en fonction de leurs besoins, ce qui ne se faisait pas du tout à l’époque.

Il a aussi fondé le festival de Sceaux...
Un jour, il était en tournée en Angleterre où quelqu’un lui dit : « Paris c’est bien, mais l’été c’est d’un ennui... ». Piqué au vif, l’été suivant, en 1969, il fondait le festival. C’était encore un pari fou car il avait tablé sur un concert par jour pendant trois mois ! Là encore, il sut s’entourer : Paul Tortelier, Catherine Collard, Michel Portal et d’autres le suivirent. Au début, on leur payait un concert et ils jouaient une semaine. C’est en cela qu’il était un pionnier ! Il engendrait une énergie créatrice autour de lui. D’ailleurs, cette année, le concert de clôture du quatuor Parisii lui sera tout particulièrement dédié.

Il ne s’arrêtait donc jamais ?
Il y avait un moment sacré pour lui, celui de la sieste ! Et parfois il jouait à la belote, c’était sa détente. Il n’a jamais véritablement gagné beaucoup d’argent, mais la musique était sa grande passion et je crois que cela lui suffisait...

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